Numéros d'identification :
MNC 86.5.6

Désignation :
Chambranle nommé Jöpwö en langue Paicî

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Création :
Lieu de création : Tribu de Tibarama,  District coutumier de Bayes, Aire coutumière Paici Camuki, commune de Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Collecte :
Collecteur : Maurice Leenhardt (1878-1953)
Date de collecte : date exacte inconnue, antérieure aux années 1950

Matière et technique :
Bois de houp sculpté (Montrouziera cauliflora - Guttifère)

Mesures :
Hauteur 187cm
Largeur 87.5cm
Epaisseur maximale 16cm
Epaisseur minimale 3cm

Fonctionnement et contexte :
Placées de part et d'autre de la porte, ces deux pièces sculptées ne sont en aucune façon des chambranles mais plutôt des appliques. Elles ont pour utilité de plaquer contre les parois l'extrémité des lattes et gaulettes qui soutiennent le chaume ou les peaux de niaouli.
Leur largeur diffère selon la région (étroits dans l'aire Paicî, plus larges au Nord et sur la côte Est). Le dos des chambranles est légèrement incurvé afin de faciliter leur application contre la paroi. Ces pièces portent, comme les flèches faîtières, des traces de dégradations rituelles (nez cassés, entailles, trous).

Description analytique :

Ce chambranle ne comporte pas de trace de polychromie. On note des motifs en chevrons et en relief sur le front. La ligne frontale, presque rectiligne, ne s'abaisse que pour rejoindre la racine du nez. Les sourcils ne sont pas figurés. Les yeux sont biconvexes, en relief, avec un sillon extérieur qui suit la forme et qui crée une saillie. Le nez possède une racine fixe et se termine en pointe, les ailes très larges s'étalant de part et d'autre. Les narines sont fines et longilignes, et s'ouvrent vers le bas. La bouche horizontale est étirée, et formée par un sillon profond. Elle est moins large que le nez. Elle se situe à la limite exacte de l'angle formé par les deux plans marquant les joues. Le menton est marqué. On constate la présence d’"oreilles/chapeaux" de forme rectangulaire, placées sous la ligne des arcades. Vers le milieu du corps et vers le bas du chambranle se répète horizontalement un motif d'étoile à quatre branches dont les bras verticaux sont plus longs que les autres. Ces motifs évidés sont entourés de neuf séries de lignes brisées, gravées par un sillon asymétrique créant un jeu de lumière sur le corps. Le dos est concave avec de nombreuses traces d'enlèvement à l'herminette. Le relief du chambranle est particulièrement érodé en sa partie basse.

Bibliographie :
  • BOULAY Roger 2006 "The artefacts tell their story: kanak arts", édité par le Musée de Nouvelle-Calédonie et les éditions Grain de sable, Nouméa, p.15
  • "Bonjour Calédonie" 2006, livret touristique, n°10
  • BOULAY Roger 2004 "Les objets racontent... Arts kanak", édité par le Musée de Nouvelle-Calédonie et les éditions Grain de sable, Nouméa, p.15
  •  "De Jade et de Nacre : Patrimoine Artistique Kanak" 1990, catalogue d'exposition édité par la Réunion des Musées Nationaux (RMN), Paris, fig 65. p.122
  • GUIART Jean 1953, "L'art autochtone de Nouvelle-Calédonie" IRN, Nouméa, Fig. 5, p.16
 Expositions :
  • "Kanakart" exposition au Pataka Museum and Art Gallery de Porirua en Nouvelle-Zélande du 26 août au 1er décembre 2007
  • "De Jade et de Nacre : Patrimoine Artistique Kanak" exposition au musée de Nouvelle-Calédonie de mars à mai 1990, et au musée national des arts africains et océaniens à Paris, d’octobre 1990 à janvier 1991
  • Exposition permanente du musée de Nouvelle-Calédonie
Observations :
Le jumeau de ce chambranle était conservé au Musée de l'Homme sous le n° MH.32.55.90; don de Philippe Rey Lescure en 1932. Il est identique en proportion et décors sauf la fronde qui n'est pas représentée. Il fait à présent partie des collections du Musée du Quai Branly sous le n°71.1932.55.90