Numéros d'identification :
MNC 86.5.7

Désignation :
Flèche faîtière nommée pwamabaï

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Création :
Auteur : Bwae Obun, sculpteur du clan Pwei belepooan, clan le plus ancien des vallées de Poyes. Transmis plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle parvienne au chef Doui de la tribu de Tiouandé, district coutumier de Poyes, aire coutumière Paici Camuki, commune de Touho, Nouvelle-Calédonie

Collecte :
Collecteur : Jean Guiart (1925 -)
Date de collecte : 1948

Matière et technique :
Bois de houp sculpté (Montrouziera cauliflora - Guttifère)

Mesures :
Hauteur 255cm
Largeur 63cm
Profondeur 16cm

Fonctionnement et contexte :
De toutes les sculptures de la grande case, la flèche faîtière est à la fois la plus importante et la plus fonctionnelle. Dans la construction des cases rondes, le travail de finition de la couverture au niveau du faîtage est une opération délicate car de la position de ce dernier dépend son étanchéité. Il s'agit de resserrer la dernière rangée de paille autour d'un axe sommital, donc soit directement autour de l'extrémité du poteau central, soit contre le pied d'une sculpture faîtière qui vient s'insérer dans la corbeille, à l'alignement du poteau central.
La flèche faîtière mesure en moyenne 2,50m. Elle est constituée d'une pièce de bois allongée, monoxyle sur laquelle on peut distinguer trois parties : en bas, le pied, au milieu, le motif et en haut l'aiguille. Le pied d'une longueur d'au moins 1m est épointé à son extrémité afin de permettre son implantation. Une fois le pied installé dans le dispositif faîtier et recouvert par la paille, seules les deux autres parties émergent du sommet de la case.

Description analytique :
Ce faîtage de grande case a été recueilli en 1948 à Tiouandé, où il ornait la véranda de la maison Ragot, là où Maurice Leenhardt l'avait laissé en 1939. Le motif supérieur est celui du peigne de l'homme, toujours planté à la verticale, celui de la femme étant fiché horizontalement dans les cheveux. Le motif immédiatement inférieur, à doubles chevrons, est celui de la cordelette du doigtier pour lancer la sagaie, que le jeune guerrier porte sur le front. Le reste de la construction est classique, on note de haut en bas: la surface du front comportant les tempes descendant de chaque côté ; l’arcade sourcilière ; l’accentuation du lobe des oreilles trouées ; la courbe du menton remontant des deux côtés vers le haut ; la surface de la poitrine sur laquelle un motif en croix est taillé en creux. Cela peut être la marque d'un début de christianisation de la culture locale, mais ce n'est pas certain, étant donné l'importance et la fréquence du motif de la croix sur les pétroglyphes néo-calédoniens et sur d'autres sculptures. Maurice Leenhardt en 1945 émet l’hypothèse que ce pwamabai personnifierait un personnage redouté, sans apporter d’autres précisions. Le fait que le motif en croix soit en creux militerait plutôt pour la thèse d’une addition plus récente. La question reste ouverte, d'autant que les membres du clan propriétaire et ceux du sculpteur (les Pwey) sont protestants et ne pratiquaient donc pas le port de la croix.

Bibliographie :
  • Les Nouvelles Calédoniennes 2007, « Fiches Culture » du Magazine Coco TV, n°580, 14 au 20 avril 2007
  • "Kanakart" 2007, brochure d’exposition éditée par le Pataka Museum and Art Gallery. Pas de numéro de page
  • BOULAY Roger 2006 "The artefacts tell their story: kanak arts", édité par le Musée de Nouvelle-Calédonie et les éditions Grain de sable, Nouméa, couverture et p.13
  • "Bonjour Calédonie" 2005, livret touristique, n°9
  • BOULAY Roger 2004 "Les objets racontent... Arts kanak", édité par le Musée de Nouvelle-Calédonie et les éditions Grain de sable, Nouméa, p.13
  •  "De Jade et de Nacre : Patrimoine Artistique Kanak", 1990, catalogue d'exposition édité par la Réunion des Musées Nationaux (RMN), Paris p.113. cat 34 et fig.59 (carte)
  • BOULAY Roger 1984 "Sculptures kanak" édité par l’Office Culturel Scientifique et Technique Canaque, Nouméa, pl.IX. fig.11
  • BOULAY Roger 1984 "Objets Kanak" édité par Graphoprint, Nouméa, pl.23. fig.3
  • CHEVALIER Luc 1975, "Musée de Nouméa: Guide", cahier n°2 de La Société des Océanistes, Paris, p.4
  • GUIART Jean 1953, "L'art autochtone de Nouvelle-Calédonie" IRN, Nouméa, Fig.13, p.23
Expositions :
  • "Kanakart" exposition au Pataka Museum and Art Gallery de Porirua en Nouvelle-Zélande, du 26 août au 1er décembre 2007
  •  "De Jade et de Nacre : Patrimoine Artistique Kanak" exposition au musée de Nouvelle-Calédonie de mars à mai 1990 et au musée national des arts africains et océaniens à Paris, d’octobre 1990 à janvier 1991
  • Exposition permanente du musée de Nouvelle-Calédonie