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| Numéros d'identification : MNC 86.9.103 Désignation : Tesson de poterie de tradition Lapita | | | Création : Date de création : environ 1000 avant J-C. Collecte : Lieu de collecte : Lieu-dit Nessadiou, commune de Bourail, Nouvelle-Calédonie Matière et technique : Terre cuite décorée Mesures : Longueur 30.3cm Largeur 14.3cm Fonctionnement et contexte : L’installation régionale des Océaniens a été progressive, s’étalant sur plusieurs dizaines de milliers d’années, pour ne s’achever qu’au XII ème siècle par la découverte de la Nouvelle-Zélande. Autrefois, un grand continent, appelé Sahul, regroupait la Nouvelle-Guinée, l’Australie et la Tasmanie. Le plus ancien peuplement de cette région, par des hommes venus d’Asie du sud-est, remonte probablement à plus de 50 000 ans, avec la découverte du nord de la Mélanésie insulaire jusqu’aux Iles Salomon à partir de 35 000 av. J-C. A la fin de la dernière période de glaciation, il y a environ 12 000 ans, le niveau des mers remonta pour donner progressivement les limites actuelles des rivages. Une période exceptionnellement longue de stabilité climatique commença, entraînant dans plusieurs régions du monde, dont la Nouvelle-Guinée et l’Asie de l’est, l’apparition de sociétés de cultivateurs de végétaux. Un de ces groupes, dont l’origine géographique est située dans la zone du sud de la Chine et de Taiwan vers 3 000 av. J-C, développa une culture néolithique expansionniste régionale, avec l’installation progressive de familles de navigateurs dans plusieurs régions de l’Asie du sud-est insulaire. Cette progression est identifiable archéologiquement à travers l’apparition de nouveaux types d’objets, mais également à travers la progression régionale d’un nouvel ensemble linguistique, appelé l’ensemble austronésien. Dans la région nord de la Mélanésie insulaire, les relations culturelles entre les populations océaniennes locales et les navigateurs austronésiens aboutirent, en quelques siècles, à la création d’un nouvel ensemble culturel régional, mariant les connaissances du milieu naturel océanien et les innovations technologiques asiatiques. Cet ensemble culturel peut être facilement identifié par les archéologues sur les sites, grâce à un type particulier de poterie apparu à partir de 1500 av. J.-C., décoré principalement de motifs complexes : la poterie Lapita. Les poteries Lapita sont caractérisées par des formes complexes. Les décors principaux sont réalisés sur la partie supérieure des pots, des coupes et assiettes, par l’impression d’outils dentés formant des motifs pointillés. Ces motifs, variés mais restant toujours dans un style standardisé, se composent principalement de constructions géométriques, bien que des formes arrondies ou anthropomorphes complexes soient présentes. Entre environ 1200 et 800 av. J-C., les porteurs de cet ensemble culturel Lapita réussirent à dépasser le sud des îles Salomon, entraînant la découverte des îles du centre et du sud de la Mélanésie, ainsi que Fidji et la Polynésie occidentale. Durant les premières générations de colonisation austronésienne du Sud de la Mélanésie et de la Polynésie Occidentale, des contacts réguliers furent maintenus entre les différents groupes installés dans les îles de la région. Ces relations étaient vitales pour la survie des colonies, pour des raisons culturelles (aide en cas de désastre naturel), sociales mais avant tout biologiques (renouvellement du sang par les mariages). Mais progressivement, une fois le premier enracinement de chaque groupe achevé dans les différents ensembles géographiques, et une fois les populations fondatrices multipliées par l’accroissement démographique naturel, les relations sur de longues distances s’estompèrent. Les nouvelles pirogues servirent principalement à explorer les limites proches de chaque communauté, sans s’aventurer longtemps en mer. Par ailleurs, l’utilisation des poteries Lapita pose problème : d’une part, celles-ci sont inadaptées pour contenir des liquides ou pour cuire des aliments. D’autre part, le fini apporté à leur réalisation laisse à penser qu’il s’agissait de céramiques d’usage rituel ou votif, en tous cas investies d’un pouvoir particulier. Leur pendant usuel, les céramiques contemporaines de la poterie Lapita, reprenant les mêmes formes générales, mais de taille plus réduite et de cuisson plus résistante, sont les céramiques dites de la « tradition de Podtanéan ». Ces dernières sont aptes à la cuisson des aliments, sont parfois décorées de motifs incisés simples, le plus souvent caractérisés par les impressions du battoir ayant servi à leur façonnage. Elles sont visibles du Nord au Sud, sur l’ensemble des sites Lapita de Nouvelle-Calédonie. Les évolutions lentes des microsociétés nouvellement installées en Océanie lointaine ont abouti à la disparition progressive de la fabrication des poteries Lapita, en Nouvelle-Calédonie comme partout ailleurs dans le Pacifique sud-ouest, étant donné que les symboles liés à cette poterie avaient probablement perdu de leur sens avec l’achèvement de la phase de colonisation. Les motifs géométriques n’ont plus été réalisés que sur des tapas ou comme tatouages, supports n’ayant pas résisté à l’épreuve du temps. Description analytique : Bord de poterie de couleur rouge, comportant un décor en pointillé constitué de deux frises parallèles. La première, près du col, est formée d’une large ligne en croisillons d’où partent, vers le bas, des lignes verticales parallèles, suivies de motifs en losanges à l’intérieur desquels se trouvent quatre dessins en amande, disposés en croix, et évoquant des feuilles. La seconde frise, séparée de la première par un espace sans décor, est constituée d’une large ligne en croisillons d’où partent, vers le bas, des séries de lignes obliques et parallèles. Expositions : "Archéologie des origines : le Lapita calédonien" exposition au Musée de Nouvelle-Calédonie du 19 mai au 31 octobre 1999 Objets associés : MNC 86.9.96 et MNC 86.9.104, deux autres tessons du même pot |
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