Les premières collections, celles d’un cabinet de curiosités

À partir du 27 août 1863, le gouvernement colonial constitue un ensemble d’objets censés représenter la Nouvelle-Calédonie aux expositions universelles. Composé de « curiosités indigènes », d’échantillons minéralogiques, botaniques et paléontologiques, il sera à l’origine du premier fonds du musée.
 
Aucun lieu spécifique n’est tout d’abord attribué aux collections qui s’enrichissent au gré de collectes et de dons. En 1895, le musée devient « musée Colonial », ses collections sont alors présentées dans la salle publique du Conseil général. Il est placé sous la responsabilité de Jules Bernier, secrétaire-archiviste en charge de la préservation des collections, qui sont enrichies et classées. Des collectes botaniques sont organisées, des échanges sont entrepris avec d’autres musées et des dons importants sont faits.
 
Au tournant du siècle, le pavillon de la Nouvelle-Calédonie, construit à Paris à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, est démonté et transporté jusqu’à Nouméa, sur le site de l’actuelle bibliothèque Bernheim. Une bibliothèque est installée au rez-de-chaussée tandis que les collections sont rassemblées au premier étage.

Une première politique de protection du patrimoine kanak

Les années 1930-1940 marquent un tournant dans l’histoire de la protection du patrimoine kanak avec la mise en place d’une première politique patrimoniale. Le pasteur Maurice Leenhardt, Jean Guiart et Luc Chevalier y jouent un rôle important, ainsi que la Société d’Études Mélanésiennes et l’Institut Français d’Océanie, qui deviendra l’ORSTOM puis l’IRD. Les collections s’enrichissent de pièces ethnologiques remarquables et de spécimens d’histoire naturelle. Elles furent entreposées dans la bibliothèque Bernheim, jusqu'en 1971.

Les collections généralistes du musée calédonien

Si des crédits sont votés pour la première fois en 1947, pour la construction d’un bâtiment destiné à accueillir les collections, ce projet ne voit le jour qu’au début des années 1970, grâce à la persévérance de Luc Chevalier. Il s’agit de l’actuel bâtiment du musée. Dans ce nouveau musée à vocation généraliste, les collections trouvent de meilleures conditions d’exposition, de stockage et de préservation. Un travail de documentation est entrepris autour des objets kanak, auquel participe le musée de l’Homme à Paris.

Un musée d’art et de société kanak

La vocation généraliste de ce musée est abandonnée dans les années 1980, des transformations sont conduites par Patrice Godin. Elles préparent la venue d’une exposition internationale sur l’art mélanésien qui n’aura pas lieu en raison des Évènements. Le musée devient un musée de société consacré aux sociétés kanak et océaniennes traditionnelles.

Les collections kanak au coeur d’un musée ouvert à l’ensemble des cultures de la Nouvelle-Calédonie.

À la fin des années 1980, Emmanuel Kasarhérou réaffirme la dimension patrimoniale du musée. Il est aussi à l’origine d’une politique d’animation ouvrant le musée aux autres cultures du territoire. Cette politique est poursuivie et élargie par Marie-Solange Néaoutyine.
 
Aujourd’hui, le musée de Nouvelle-Calédonie est engagé dans un projet d’extension et de réaménagement basé sur le concept d’un musée de société calédonien. Il souhaite s’inscrire dans le processus de construction d’une communauté de destin porté par l’Accord de Nouméa et présenter une vitrine de la société calédonienne, où la civilisation kanak conserverait une place centrale, dans son histoire, sa diversité, ses expressions artistiques et culturelles et dans son environnement régional Océanie-Pacifique.

Les conservateurs des collections depuis 1940 :
  • Madame Alice Virot
  • Monsieur Luc Chevalier
  • Monsieur Patrice Godin
  • Monsieur Emmanuel Kasarhérou
  • Monsieur Wéniko Ihagé
  • Madame Marie- Solange Néaoutyine